Candida dans le liquide péritonéal : faut-il traiter ?
Cohorte multicentrique française de 378 péritonites en réanimation, publiée dans Annals of Intensive Care (Mauget et al.).
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En une phrase
Chez les patients de réanimation opérés d’une péritonite, l’isolement de Candida dans le liquide péritonéal n’est pas associé à la mortalité à J90, et un antifongique précoce n’améliore pas la survie.
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Méthode
Analyse ancillaire (MOPI Candida) d’une cohorte rétrospective multicentrique : tous les adultes admis pour péritonite dans 4 réanimations de l’Ouest (Rennes, Vannes, Saint-Brieuc, Lorient) entre 2020 et 2022.
Les candidémies étaient exclues. Antifongique précoce = débuté dans les 48 h suivant la chirurgie, actif sur la souche isolée.
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Deux comparaisons
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Candida isolé n = 81
Levure dans le liquide péritonéal, comparée aux 297 péritonites sans Candida.
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Antifongique précoce n = 31
Parmi les 81 patients avec Candida, comparés aux 50 non traités précocement (dont 18 jamais traités).
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Critère principal : mortalité toutes causes à J90 après le début de la péritonite.
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21,4 %
des péritonites avec Candida (81/378)
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1,00
HR pondéré décès J90 avec vs sans Candida (IC95 0,62-1,59)
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1,37
HR pondéré décès J90 antifongique précoce (IC95 0,58-3,22)
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En un coup d’œil
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Évolution selon la présence de Candida
Candida isolé
Pas de Candida
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Mortalité en réanimation p = 0,34
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Mortalité hospitalière p = 0,68
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Contrôle de la source réussi à J7 p = 0,44
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Ventilation mécanique invasive p = 0,26
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Épuration extra-rénale p = 0,76
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Population pondérée (IPTW), tableau 2 de l’article. Aucune différence significative.
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Résultats
| ! |
Facteurs associés à l’isolement de Candida : antibiothérapie dans les 3 mois (ORa 2,15), dénutrition (ORa 1,84), origine digestive haute (ORa 2,04) et péritonite diffuse (ORa 1,75). |
| = |
Mortalité à J90 identique avec ou sans Candida dans le liquide péritonéal (HR pondéré 1,00, IC95 0,62-1,59). |
| = |
Évolution clinique comparable : contrôle de la source, défaillances d’organes, durées de séjour. |
| − |
Antifongique précoce : pas d’association avec la survie à J90 (HR pondéré 1,37, IC95 0,58-3,22), ni dans les sous-groupes choc septique ou péritonite nosocomiale, ni avec d’autres seuils (24 h, 72 h, 6 jours). |
| ✓ |
Microbiologie : C. albicans dans 76,5 % des cas, C. glabrata dans 11,5 %. Aucune résistance aux échinocandines. |
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À garder en tête
Étude rétrospective et petits effectifs (31 patients traités précocement) : les intervalles de confiance sont larges et n’excluent ni un bénéfice ni un effet délétère. Le choix de traiter était laissé au clinicien : un biais d’indication résiduel (les plus graves traités) peut expliquer la mortalité numériquement plus élevée sous antifongique. Aucun dosage de β-D-glucane, bilan mycologique hétérogène entre centres. Surtout, les résultats concernent les péritonites avec contrôle rapide de la source et sans candidémie, pas les candidoses profondes au sens FUNDICU. L’essai randomisé CASPER (NCT03580733), en cours, devrait trancher.
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Conclusion
Sans candidémie et avec un contrôle rapide de la source, un Candida dans le liquide péritonéal ressemble davantage à une contamination qu’à une infection. Ces données plaident pour une approche individualisée plutôt qu’un antifongique systématique, en cohérence avec les définitions FUNDICU, en attendant l’essai CASPER.
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Mauget M, Angebault C, Bardoul M, et al. Prognostic impact of Candida spp. isolation and early antifungal therapy in ICU patients with peritonitis: a multicenter cohort study. Ann Intensive Care. 2026;16:100140. DOI : 10.1016/j.aicoj.2026.100140.
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Cette newsletter a été réalisée avec l’assistance de l’intelligence artificielle, sous la supervision de l’intelligence humaine.
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